Crédit: F. Kamphues, ESO/M. Kornmesser
Le 15 octobre 2025 un time-lapse de moins d’une heure pris deux heures après le coucher du Soleil montre le nombre de traînées de satellites et de quelques avions au-dessus du désert d’Atacama. Au sommet du Cerro Armazones on aperçoit le dôme de l’Extremely Large Telescope (ELT) de l’ESO et derrière lui, on entrevoie les lasers du Very Large Telescope (VLT) au Paranal, situé à ~ 22 km de l’ELT.
Certains projets actuels visent à mettre en orbite plus de 1,7 million de satellites alors que même invisibles à l’œil nu ils ne devraient pas dépasser 100 000. Aujourd’hui ils seraient déjà 14 000 (le nombre total de satellites actuellement en orbite s'élève à 32 000 si l'on inclut les satellites hors service et les débris spatiaux), essentiellement les satellites de communication Starlink (SpaceX). D’autres constellations de satellites sont prévues, telles que « Cinnamon » d’E-Space et CTC-1 et CTC-2 (Chine), avec des centaines de milliers de satellites supplémentaires en orbite.
Pire : Reflect Orbital a pour objectif de lancer une constellation de 50 000 grands satellites d’ici 2035, ceux-ci devant réfléchir de la lumière solaire la nuit chacun avec des faisceaux s’étendant sur au moins cinq kilomètres à la surface de la Terre ! Adieu galaxies lointaines, exoplanètes, …
Olivier Hainaut, astronome à l’ESO, a mené une étude approfondie qui donne le tournis ! Le ciel deviendrait « brillant » (3 à 4 fois plus lumineux qu’aujourd’hui) pour l’astronomie, masquant les sources faibles. N’oublions pas les conséquences hors astronomie : pollution de l’atmosphère lors des lancements (et lors de leur rentrée atmosphérique une fois leur durée de vie épuisée), perturbations lumineuses des écosystèmes, etc.
Pour ne pas saturer les détecteurs des télescopes, les satellites ne devraient pas être visibles à l’œil nu, leur magnitude visuelle devant être inférieure à 7 (habituellement on estime que la magnitude limite à l’oeil nu est de 6, mais cela varie avec les individus...).
