Le projet Ice Memory a été lancé en 2015 par le CNRS, l'IRD, l'université Grenoble-Alpes (France), le CNR, l'université Ca' Foscari de Venise (Italie) et l'Institut Paul Scherrer (Suisse). Il s’agit de sauvegarder la « mémoire climatique et environnementale » piégée dans la glace ancienne. Les premières carottes des glaciers alpins ont été transportées en Antarctique, à la station Concordia (France-Italie) et sont stockées dans une « grotte » à -52°C, le sanctuaire Ice Memory creusé dans la neige entre 5 et 9 mètres de profondeur (ses dimensions : 5x5x35 mètres).
Ce premier envoi de 1,7 tonnes, arrivé début janvier 2026, a été transporté par le brise-glace italien Laura Bassi, à la température de -20°C. L’altitude de la station Concordia (3233 mètres) permettra une très longue conservation malgré le réchauffement climatique. La température y est stable toute l’année à -52°C. Les carottes de glace avaient été prélevées sur le massif du Mont Blanc (Col du Dôme, France, 2016) et au Grand Combin (Suisse, 2025) et sont protégées de toute contamination.
Le projet Ice Memory a été financé par la Fondation Prince Albert II, partenaire philanthropique de la Fondation Ice Memory.
Il était temps d’agir, le recul des glaciers de montagne étant spectaculaire : depuis l’an 2000, une perte est mesurée variant entre 2 % et 39 % de leur volume selon les régions, et environ 5 % au niveau mondial !
Carlo Barbante, vice-président de la Fondation Ice Memory, professeur à l’Université Ca’ Foscari de Venise, membre associé senior du CNR-ISP indique : « En préservant des échantillons contenant gaz atmosphériques, aérosols, poussières et polluants, Ice Memory garantit que les chercheurs de demain pourront analyser les climats du passé grâce à des technologies qui n’existent pas encore. »
Le but actuel, échantillonner 20 glaciers dans les 20 ans à venir. Les prochains carottages pourraient provenir des Andes, du Caucase, de l’ Elbrouz en Russie, du Spitzberg….
