de Hampton Sides, Éditions Paulsen, janvier 2025. Pages : 437. Prix : 25 euros.
Le dernier voyage du capitaine James Cook autour du monde afin de trouver le « passage du nord-ouest », décortiqué presque jour après jour d’après les carnets du capitaine, de ses adjoints, et de témoignages d’époque transmis par des membres de populations locales.
Cette mission était secrète, commerce futur oblige, car elle aurait permis de gagner 6 mois sur les voyages d’un an qui menaient de l’Angleterre à la Chine via l’Afrique ou l’Amérique du Sud. Le HMS Resolution accompagné du HMS Discovery commandé par son ami le capitaine Charles Clerke, s’élancèrent donc d’Angleterre le 12 juillet 1776, officiellement pour ramener le tahitien « Mai » chez lui après deux ans passés en Angleterre, pour transporter du bétail à Tahiti, pour prendre possession de nouvelles contrées au profit de l’Angleterre, et pour cartographier leurs côtes. Un astronome complétait l’équipe de navigateurs aventuriers.
L’auteur analyse également la transformation du comportement de Cook depuis ses précédentes missions autour du monde. Contrairement à beaucoup de gens de son époque, il respectait les populations locales, les préservait autant que faire se peut des maladies vénériennes, ne cherchait pas à diffuser les religions occidentales, et se comportait en ethnologue et en anthropologue. Il ne se mêlait pas non plus des conflits locaux.
Mais lors de ce dernier voyage, il était devenu moins tolérant et plus maltraitant avec son équipage comme avec les autochtones rencontrés. Trop de confiance en son aura, des maladresses, des incompréhensions, trop de rigidité, la tentative de prendre en otage un chef local et la mort d’un indigène l’on mené à sa perte sur une plage le 14 février 1779.
Ce récit historique contient de nombreuses citations originales. Il nous plonge dans le quotidien dangereux des anciens explorateurs, rencontrant tempêtes, froid, mais aussi douceur et plaisirs dans des îles paradisiaques. Sur la vaste vaste mer ravira les passionnés d’histoire, mais aussi ceux qu’intéressent des cultures variées appelées parfois à tord « primitives » et, à l’époque, pas encore phagocytées par le monde « moderne ». Bien sûr des biais culturels subsistent dans les descriptions d’époque, mais le capitaine tentait de prendre du recul à ce niveau. Passionnant.